Modèle photo: cette nouvelle viande fraiche qui pourrait remplacer le cheval ?!

Un petit article qui ne m’aidera pas à me faire des amis chez les photographes comme chez les modèles mais je dois finalement être un homme de polémique. Encore une fois, je ne m’exclue pas de cette situation mais je me pose des questions.

Femme écrasée par une lasagne

Petit clin d’oeil à Lachapelle avec ce mauvais montage d’illustration ;-)

Si la situation des photographes professionnels n’est pas fabuleuse, que dire de l’évolution des modèles photo (gagner sa vie ne doit pas être simple), notamment depuis l’arrivée d’internet et des réseaux sociaux?

Quand j’ai débuté la photo, Internet n’avait pas encore de portée dans cette société (je sais, je suis vieux) et les modèles photos étaient rares et précieuses, celles et ceux qui posaient pour du nu affichaient clairement la rémunération demandée.
En photographes débutants, nous demandions aux ami(e)s de se prêter au jeu d’échanger leurs services de modèles contre quelques tirages.
Ces modèles étaient là par amitié, pour l’argent ou pour participer à des projets artistiques dans lesquels elles avaient foi.

Quelques 20 ans plus tard : Internet, Facebook, instagram et autres sont passés par là, les choses ont changé !

Vous trouvez même des photographes qui font passer des « castings » pour les modèles qui vont poser nues pour eux sans rémunération dans des photographies qui servent à :
Flatter leur Ego? Booster le trafic sur leur site? Obtenir plus de likes sur facebook? Voir de belles femmes nues? Collectionner les décolletés pour constituer un nouveau jeu de cartes? négocier un rancard plus tard?

Certains photographes se sont spécialisés dans la poitrine de modèles, d’autres dans les cuisses, de biens beaux étalages plus proches de ceux du marché à viande que de la réelle démarche artistique. Les féministes doivent adorer cette utilisation du corps de la femme 😉
Bien loin d’être contre la photographie de nu (j’adore les beaux nus artistiques comme tout le monde), je me demande quelles sont les motivations des protagonistes dans cette débauche de nouvelles images dont le flux s’est emballé depuis quelques années.

Entre les photographes libidineux qui ont trouvé le moyen de remplacer leur sexe par leur objectif (ou l’inverse, je sais plus), les bons commerciaux qui ont compris que le nu fait vendre, les hommes et femmes en manque de reconnaissance, où est la photographie?

Loin de moi l’idée de généraliser mais je vois beaucoup d’images où le corps de la femme est bien plus vendu que le talent du photographe ou une réelle création artistique. En amateur d’art, de photographie, j’espère toujours trouver une justification à une photographie, une idée sous-jacente qui valide le projet, me permette de m’émerveiller tant sur le fond que la réalisation finale, cela est rarement le cas.

Ne serait-ce pas une évolution normale au moment où nos vies sont jugées sur notre image, nos photos instagram, nos publications facebook. Nous mettons en photo jusqu’à notre repas du midi, notre style du jour alors pourquoi pas de belles photos de nous?!
Alors, forcément, les modèles affluent en masse et la quantité de photographes suit la tendance dans ce monde d’image où le matériel, le savoir se démocratisent. Petite réflexion personnelle, cela n’irait pas un peu loin?
Face à cette croissance de la photographie et de l’image, vous avez des groupes de rassemblements de modèles, de photographes, coiffeuses, maquilleuses qui se constituent pour la mise en relation de tout ce beau monde, une espère de cour des miracles où les modèles moins jolies flattent les photographes moins mauvais (ceux qui savent les rendre bonnasses) et les photographes prennent leur ticket pour avoir les modèles au plus belles plastiques.

Tous les modèles posant pour tous les photographes dans une forme de photo-consanguinité qui amène une certaine homogénéité au résultat.

Evidemment, je dresse volontairement une vision noire, un peu violente pour mettre l’accent sur les travers de cette évolution mais des photographes, maquilleuses, modèles de talent qui appartiennent à ces milieux font des photographies magnifiques (pas assez à mon goût).
Alors, je comprends le désir d’avoir des photographies valorisantes de soi, de poser, je comprends l’envie de travailler avec des modèles pour progresser.
Mais demandez-vous ce qui sort des images que vous présentez et la motivation sous-jacente ?

Trop d’image pour montrer du « cul », trop de photographie sexualisées ou narcissiques, trop de photographes qui se valorisent sur le dos des modèles, trop de modèles qui montrent des projets sans intérêt, trop de gens qui veulent se servir de la photographie pour de mauvaises raisons.

Modèles, je suis désolé du traitement qui vous est fait, vous méritez que nous soyons de meilleurs photographes et de meilleurs hommes !

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